Infection stérile

Sous une pluie grasse qui collait aux armures, Infec pataugeait dans un match qui sentait déjà la défaite. Les Khornadiens, ces Norse au sourire carnassier, menaient 2–0 sans même sembler forcer. Chaque mêlée tournait court. Chaque contact, stérile, sans violence, sans toux. Pas la moindre infection à l’horizon.

La foule, d’abord confuse, se mit à huer. On était venu voir la contagion, pas une démonstration d’impuissance. Des cris fusaient des gradins : « Où est l’infection ? » Même les mouches semblaient éviter le terrain.

Peste, le Pestigor étoile, portait enfin le ballon. Une rare percée. Une ligne qui s’ouvrait vers la zone des buts. Il accéléra, traînant derrière lui l’espoir moisi d’Infec. À quelques pas de la délivrance, un Norse le percuta de plein fouet. Le choc fut sec, brutal. Peste bascula; le ballon lui échappa des mains avant même qu’il ne touche le sol. Il resta étendu, sans bouger.

Diagnostic : déchirure du ligament croisé du genou. Sa carrière était terminée.

Infec quitta le terrain sous les huées, sans fièvre à transmettre, sans gloire à ramener. Ce soir-là, pour la première fois, l’équipe de Nurgle n’avait contaminé que sa propre honte.

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