Par Anselme Versefeuille, le Barde des Racines et des Feuilles
Sous les frondaisons de l’Arène du Grand Potager, accablés par une canicule impitoyable qui faisait bouillir la sève et peser chaque pas comme une racine arrachée, les Grigris ont écrit une page glorieuse de leur jeune histoire.
Face aux sinistres Flocons de Sang, vampires froids et silencieux, le combat fut une véritable symphonie de racines et de crocs. Les vampires prirent d’abord l’avantage, 2 à 0, glissant comme la brume entre nos lignes.
Mais les petits guerriers verdoyants, malgré la chaleur qui les étouffait, ne plièrent point. Deux touchés plus tard, signés par la malice collective, les Grigris égalisaient avec un rugissement de feuillage ! Puis, dans un élan de sève pure, ils prirent même la tête : 3 à 2.
Hélas, à la toute dernière minute, les Flocons de Sang arrachèrent l’égalité, 3 à 3. Une nulle arrachée à la nuit elle-même.
Deux héros ont brillé plus fort que le soleil brûlant. Octave Renard, renard des sous-bois au flair infaillible, a inscrit deux touchés d’une audace rare. Et surtout Théophile Racine, l’Homme-Arbre indomptable, a fait trembler l’Arène par ses lancers puissants de gnomes vivants sur les vampires; il a transformé chaque passe en une cataplute de chair et de malice. Pour cette prestation hors du commun, la Ligue l’a sacré Joueur du Match.
Nous savons désormais que la sève des Grigris coule plus fort que jamais.
Ce n’est pas une victoire. C’est mieux : une promesse.
Les Grigris ne fanent pas. Ils s’enracinent.
Que les racines d’hier nourrissent les victores de demain.
