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RollingBone interview DJ Buddha et Scotty « Booh » Man

souriceau-investigateurSouriceau Investigateur, Magazine RollingBone, septembre 16

Nous savons tous que les équipes aux joueurs radicalement différents sont plus créatives que les équipes homogènes. Mais comment faire pour obtenir de la cohésion de ces joueurs radicalement différents ? À mon expérience, ces équipes ont de la difficulté à s’organiser durant les premiers matchs car l’inclusion des joueurs est une chose mais leur intégration en est entièrement une autre. J’ai réalisé que des joueurs très différents ont énormément besoin d’aide de leur coach pour arriver à former une équipe.

Prenez les Démons ou les Clubbers, par exemple. L’un inclus des goules et des zombies aux styles de jeu fort différents. L’autre amalgame des rats et des gobelins, deux ethnies naturellement opposées. Ce genre de joueurs est ordinairement très hésitant à faire connaissance et en viennent souvent à volontairement ou involontairement s’insulter. Les coachs, dans la jeune vie d’une équipe, utilisent beaucoup de leur temps à faire la promotion de la cohésion en établissant des valeurs clés: le respect, l’intégrité, le sacrifice et le sens du devoir.

C’est seulement lorsqu’ils ont intégré ces valeurs que les joueurs peuvent apprécier les avantages de la diversité quand vient le temps d’enfoncer une muraille défensive orque. Pour les coachs, obtenir ce succès demande une certaine forme d’étude. J’ai discuté des éléments cruciaux de leurs approches respectives avec DJ. Buddha des Clubbers et Scotty « Booh » Man des Démons. Voici une brève incursion.

Souriceau: Pourquoi avez-vous voulu ce job de coach ?

DJ Buddha: C’est probablement de la faute à l’un de mes traits de personnalité : je suis toujours à la recherche de l’excellence – que certains vont appeler du perfectionnisme. La vérité est que si on élève la barre pour notre équipe, notre équipe va, en retour, nous l’élever aussi. Je crois qu’il y a aussi le plaisir de développer une équipe parce qu’à mesure que l’on travaille à augmenter les possibilités de nos joueurs, nos propres possibilités sont proportionnellement multipliées par 10. C’est pas mal ce genre de cercle vicieux qui m’a aspiré à la tête des Clubbers.

Scotty « Booh » Man: À mes débuts, je n’étais qu’un fan de football américain à qui on a montré à l’école à calculer des choses compliquées et parfois ennuyantes qu’on appelle probabilité. Quand on combine ces 2 choses, on obtient ce jeu passionnant qu’est le blood bowl. Au début, je jouais pour le plaisir sur l’ordinateur, mais les coachs abandonnaient souvent et ne me parlaient que pour me thrash talk. Ce que cette ligue offre et que j’adore, c’est le contact humain. Chaque match est joué jusqu’au bout avec une ambiance d’amicale compétition introuvable en jouant sur PC.

Souriceau: Quelles ont été vos erreurs, cette saison et quelle est votre plus grande faiblesse ?

Scotty « Booh » Man: Principalement 2 choses! D’abord, je me suis fais dominer aux sorties quelques fois dû à un positionnement trop agressif et à une valeur d’équipe très inférieure à mes adversaires en début de saison. Deuxièmement, j’ai été nonchalant par mon positionnement et j’ai sous estimé mes adversaires en fin de match. Je pense particulièrement à mon match face aux Plaies qui m’ont égalisé en 2 tours et aux Meanmachines qui m’ont marqué 2 fois en un tour dans le même match!  Ma plus grande faiblesse est que je craint parfois d’être trop méchant!

DJ Buddha: En début de saison, je crois que ma principale erreur était de dépendre beaucoup trop du rendement des « vedettes » de mon équipe. Une seconde erreur a été de limoger Gordon, le gobelin boiteux – et je crois que cette mise à pieds anodine affecte encore l’équipe car les gobelins expérimentés ne courent vraiment pas les rues ! Après avoir réalisé cette erreur, on a enduré pendant très longtemps le gobelin Greco qui boitait davantage et il nous a malgré tout rendu d’excellents services. Il m’a fallu plusieurs matchs pour me rendre compte de l’importance des gobelins à la cohésion de l’équipe. À vrai dire, ma plus grande faiblesse est que je peine encore à coacher les Clubbers comme une équipe.

Souriceau: Et qu’avez-vous appris de ces erreurs ?

DJ Buddha: Tout le monde peut coacher avec succès une équipe de vedettes ou de joueurs aux statistiques exceptionnelles. Personne n’est jamais surpris de voir des elfes ou des stats freaks dans le top 4. À la tête des Clubbers, j’ai appris que je devais encore davantage contrôler mes instincts pour mieux rester dans les limites du concept d’équipe parce qu’ici, les talents naturels et les stats freaks, on n’en a pas un seul ! Pour une équipe comme les bas-fonds, la différence entre gagner et perdre est dans le 25% inférieur de l’équipe. La plupart des coachs ne vont que travailler avec le 75% supérieur de leur équipe. Mais chez les Clubbers, c’est dans le 25% inférieur que se trouvent les détails qui font la différence finale.

Scotty « Booh » Man: J’ai appris que les coachs de la Kasse Gueule n’abandonne jamais et aussi qu’un blitz peut être très utile pour libérer des joueurs au sol ou sournoisement blessé un skink ou un gobelin.

Souriceau: Pourquoi avez-vous besoin d’affronter des adversaires pour apprendre de vos erreurs ?

Scotty « Booh » Man: Avant tout, il faut être réceptif quand on reçoit des commentaires. Ce n’est pas toujours plaisant, mais il faut que quelqu’un profite de nos faiblesses pour qu’on veuille les corriger et les éliminer. La ligue contient d’excellents coachs qui aiment donner de subtils mais judicieux conseils. Certains voient en moi un grand potentiel et j’espère le développer.

DJ Buddha: Il faut affronter des adversaires pour cumuler les expériences de jeu qui nous permettront de peaufiner nos approches en fonction des différents types d’équipes. Ce qui est une approche positive contre une équipe peut devenir négatif contre une autre. Pour trouver les meilleures approches, il faut observer son équipe en action contre une multitude d’adversaires. Bref, il faut cumuler les expériences de jeu pour carrément « se voir » progresser.

Souriceau: Vous avez déjà affronté votre adversaire de finale, cette saison. Quelle sont ses forces ?

DJ Buddha: Ce qu’on peut saisir en observant a énormément de valeur. Voir un changement dans les habitudes d’un coach ou, par exemple, un soudain changement d’humeur permet, parfois, de tirer un profit inespéré d’une situation de jeu. La capacité d’observer est sous estimée à blood bowl. L’habileté de voir est cruciale, mais parfois, la capacité de voir ce à quoi on ne s’attendait pas l’est encore plus ! Où est-ce que je m’en vais avec ça ? Scotty « Booh » Man est l’exception plutôt que la règle et il ne flanche pas aisément sous la pression. Certains coachs vont s’effondrer dès que quelque chose ne tourne pas rond. Ce genre de réaction n’est pas à attendre des Démons qui vont tenir la ligne et se battre jusqu’au dernier joueur sur le jeu.

Scotty « Booh » Man: 2 choses principalement! Leur première force est leur mobilité. La moitié de l’équipe esquive en 35/36 peu importe les zones de tacle, donc il est très difficile de prendre la défensive à contre pied et d’assurer la protection du porteur. Leur deuxième force est leur coach qui a de loin la meilleure fiche en carrière de la Kasse Gueule. Il maîtrise bien le côté psychologique de la partie. Depuis le début de l’année, il utilise les médias afin de placer les attentes au plus bas pour son équipe, mais au fond de lui même il se croit le meilleur et le favori!

Souriceau: Vous me semblez très cérébral pour un coach qui évolue dans le monde macho du blood bowl ! 

Scotty « Booh » Man: Ahh! Lancer les dés demande beaucoup plus d’énergie qu’on le croit! Notre contrôle sur le jeu a ses limites. Je suis le maître de mes joueurs, mais je suis l’esclave de mes dés!

DJ Buddha: Hein ! Je semble cérébral ? Si vous pensez trop, vous allez échouer car le jeu se passe très rapidement. Je crois que la clé est plutôt dans la préparation avant le match et aussi dans la répétition de situations de jeu afin que les solutions viennent instinctivement. Un match de blood bowl me fait beaucoup penser à une série d’improvisations sur des thèmes plus ou moins familiers. Aussi, quand je coach, je cherche à conjuguer deux choses en même temps: les limites de chacun de mes joueurs et ma créativité. Travailler à cet équilibre est un exercice beaucoup plus instinctif que cérébral.

Souriceau: Quelle sera votre approche pour ce match crucial et où allez-vous principalement investir vos énergies ?

DJ Buddha: Je vais demander à mes joueurs d’être préparés autant mentalement que physiquement. Quand on coach une équipe du chaos, vous n’avez pas besoin de dire « Ne soyez pas chicken »… parce qu’ils ne sont jamais chicken. C’est comme une meute de grizzlys enchaînés. Par contre, les Clubbers, c’est l’équipe la plus timide du circuit et ils ont besoin de voir leur confiance graduellement renforcée. En match de finale, je vais chercher à leur éviter les pensées qui paralysent ou qui font échouer des esquives. Ça sera, par exemple : « Hey, ton poil est bien brossé aujourd’hui ! »  et puis, « Oh, avant que j’oublie, c’est à ton tour d’aller sur la ligne de mêlée. » Vous voyez, on doit avoir une approche totalement différente.

Scotty « Booh » Man: En championnat, il faut garder ça simple. Aucun superbowl ne s’est gagné sur un jeu truqué. Nous allons investir nos énergies dans la victoire et nous nous pratiquerons à résister à une boule de feu, car avec tant de blessé les Clubbers auront des primes de match juteuse. Si nous connaissons un début de match aussi violent que face aux Plaies, il ne restera que 2 ou 3 Clubbers en vie à la mi-temps!

Souriceau: Et pour finir, ressentez-vous de la pression ?

Scotty « Booh » Man: Nos objectifs de présaison étaient clairs! Faire les séries, à partir de là: Énéfel nous guidera. Ce fut le cas en demi-finale. Je pense à la foule qui a relancé le ballon devant Goule Humm, le rocher qui a frappé M-A Lachance et la boule de feu à efficacité quasi optimale 3/3 joueurs au sol et armure du porteur brisé. Mes joueurs étaient nerveux (trois double crâne lancés), mais se sont des gagnants. La pression n’est pas de mon côté. J’irais même jusqu’à dire que notre adversaire à peur de nous. Ceci n’est que suppositions,  mais il nous a fortement encouragé à affronter les Faucheurs lors de la dernière semaine, ce qui en cas de nul ou de défaite, nous sortais des séries.

DJ Buddha: Je m’attend à ce que ce match se joue sur l’armure des joueurs; ce qui est ma manière de dire que ça ne sera vraiment pas facile ! Il faut être honnête avec soi-même. La vérité est parfois pénible mais si vous voulez obtenir le meilleur de vous même, vous devez vous appliquer de la pression car c’est la seule chose à laquelle tout le monde sans exception réagit. On est tous meilleur que ce qu’on croit !

Les Clubbers: du rêve à l’espoir

souriceau-investigateurSouriceau Investigateur, Magazine RollingBone, mars 16

Les gens qui rêvent de voir les Clubbers dans la Haute-Saint-Charles peuvent passer au stade de l’espoir.

Oui, les propriétaires d’équipe et le commissaire se sont maintenant faits à l’idée de deux nouvelles équipes. Oui, Sillery et la Haute-Saint-Charles sont les deux premières destination qui pourraient recevoir une équipe en mal de partisans (ndlr. c’est déjà confirmé pour Sillery).

Par ailleurs, les actionnaires du groupe Gobelinconfit Productions ont rencontré le commissaire de la Kasse Gueule et selon les informations recueillies, il aurait été très impressionné par ce que pourrait apporter l’entreprise à son circuit.

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Je reviens d’un périple de neuf jours en moto dans la région de Québec et j’ai eu l’occasion de rencontrer des financiers et des présidents d’équipe lors de soupers privés. On parle de conversations qui pouvaient durer trois ou quatre heures.

« Le plan du commissaire lors des expansions dans les marchés de Château-d’Eau, de Valcartier et Limoilou a échoué, m’a-t-on confié lors de ces soupers. C’est difficile pour lui de le reconnaître publiquement mais la profitabilité n’était tout simplement pas là. Au contraire, le roulement élevé en joueurs a fait reculer les revenus. La Kasse Gueule se retrouve donc avec des organisations qui perdent jusqu’à 16 joueurs par saisons, comme ce fut le cas à Château-d’Eau. »

« Les Vékings de Valcartier vivent une situation sans espoir malgré l’investissement massif en densification urbaine visant à augmenter artificiellement la population du secteur afin de produire davantage de fans. C’est une équipe qui devrait éventuellement quitter le Vortex Véolia parce que leur situation est extrêmement précaire. »

« Dans la recherche effrénée d’investisseurs pour bâtir des équipes dans la Kasse Gueule, le commissaire a permis à des hommes d’affaire aux poches trop étroites (comme le Trust Familial Holstein) de s’installer dans la ligue. Ces hommes d’affaire ont investi sur le court terme et quand les pertes en joueurs s’accumulent, ils paniquent et ne peuvent suivre la parade. Pour survivre à long terme dans la Kasse Gueule, il faut avoir les poches très profondes pour encaisser sans broncher des pertes de dizaines de joueurs par saison. Ou il faut être à la tête d’une entreprise diversifiée comme Lupine Cloutier où le club de blood bowl devient également un produit pour son empire médiatique. »

Voilà qui résume ces heures de conversations à bâtons rompus autour d’une table.

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Lors d’une autre soirée, j’ai également renoué avec le Prince Cédrik. L’ancien des Faucons de St-Roch a gardé des souvenirs chaleureux de son séjour de deux saisons à Québec. Il a longtemps travaillé avec DJ Buddha lors de ses tournées de danse et il dit en souriant que Buddha ferait tout un coach pour une équipe de blood bowl dans la Haute-Saint-Charles.

Il est bien informé en plus parce que Gobelinconfit Productions et leur chaîne de diffusion G, l’ont contacté il y a quelques semaines pour tenter de l’impliquer dans une démarche concernant la création des Clubbers de la Haute-Saint-Charles.

Les choses pourraient aller vite dans les prochains jours. Les Clubbers de la Haute-Saint Charles, bientôt en diffusion sur le canal G.

Le jeu le plus dangereux

souriceau-investigateurPar Souriceau Investigateur | RollingBone Magazine

« ILS VONT BIENTÔT ARRIVER, dit le comte Longhorn. Les Ravagers. Un nom lourd de sens, n’est-ce pas ? Nos serviteurs ont peur de l’équipe. Je ne sais pas pourquoi. Une quelconque superstition. »

« Je ne les vois pas encore arriver », remarque le comte Braford, tentant d’y voir quelque chose dans la nuit noire presque palpable au sommet des murailles de Château-d’Eau.

« T’as de bons yeux, » répond Longhorn, avec un rire. « Et pourtant je t’ai vu lancer un ballon à un joueur en mouvement en plein milieu d’une mêlée à trente verges de distance, mais même toi ne peut voir à deux kilomètres par une nuit sans lune de Château-d’Eau. »

« Pas plus qu’à deux verges, » admit Braford. « On dirait de la suie noire mouillée. »

« Dès ce soir, on va y voir quelque chose dans la Crypte, notre stade, » promit Longhorn. « Nous allons avoir une bonne chasse. C’est un sport merveilleux, le blood bowl. »

« Le meilleur sport du monde, » agréa Braford.

« Pour le chasseur, » amenda Longhorn. « Pas pour la proie. »

« Tu dis n’importe quoi, Longhorn, » dit Braford. « Tu es un chasseur, pas un philosophe. Qui est-ce que ça intéresse comment se sent la proie ? »

« Peut-être que ça intéresse la proie, » observa Longhorn.

« Bah, elles ne comprennent pas. »

« Même là, je serais enclin à penser qu’elles comprennent au moins une chose – la peur. La peur de la douleur et la peur de la mort. »

« Insensé, » rigole Braford. « Ce temps chaud te ramollit, Longhorn. Soit réaliste. Le monde est divisé en deux catégories – les chasseurs et les proies. Heureusement, toi et moi sommes des chasseurs. Est-ce que tu penses que les Ravagers sont arrivés ? »

« Je ne peux le dire dans le noir. J’espère que non. »

« Pourquoi ? » Demande Braford.

« L’équipe a une réputation – bien mauvaise. »

« Des cannibales ? » suggère Braford.

« Bien pire. Même des cannibales ne leur survivraient pas. As-tu remarqué comme le goût de nos serviteurs était mauvais aujourd’hui ? »

« Il était effectivement étrange, maintenant que tu en fais la mention. Bifteck ne goûtait pas comme d’habitude. »

« Ouais, ce bougre qui serait capable d’aller demander du feu à Frosty lui-même avait un regard que je ne lui connaissait pas. Tout ce que j’ai pu tirer de lui était « Cette équipe a mauvaise réputation parmi les serviteurs, monsieur le comte. » Puis il m’a dit très gravement, « Vous ne ressentez rien, monsieur le comte ? » Ne ris pas de moi, mais j’ai ressenti comme un frisson soudain. Il n’y avait pas de brise et la nuit approchait, oppressante. J’ai senti un frisson mental, une sorte de crainte. »

« Pure imagination, » dit Braford. « Un serviteur superstitieux peut pourrir une équipe entière avec ses peurs. »

« Peut-être. Mais quelquefois je pense que les serviteurs ont un sens supplémentaire qui leur permet de savoir quand ils sont en danger. Parfois je pense que le mal est tangible – avec des ondes, un peu comme le son et la lumière. Une équipe respirant le mal émet des vibrations mauvaises. De toutes manières, je suis content que ce soit le dernier match de la saison – et la fin des Ravagers. Enfin, je pense que je vais aller me coucher, Braford. »

Je ne me sens pas fatigué, » dit Braford. « Je vais prendre une collation à la tour de guet. »

« Bonne nuit alors, Braford. On se voit avant le match pour le déjeuner. »

« Exact. Bonne nuit, Longhorn. »

Il n’y avait pas de son dans la nuit pendant que Braford dégustait son serviteur préféré. « Il fait tellement noir, » pensa-t-il, « que je pourrais dormir les yeux ouverts. » Un son étouffé le sortit de sa torpeur. À sa droite, il l’entendit et son ouïe, experte en la matière, ne pouvait être trompée. Une fois de plus il entendit le son qui s’amplifiait, lentement. Quelque part dans la nuit, un troupeau de lourdes bottes ferrées marchait en direction du château.

RollingBone interview Le Gros Brasseur et Jim Chlorophyle

Par Souriceau Investigateur, magazine RollingBone, juin 2015

Je suis aux portes de la Brasserie Griendel dans le quartier Saint-Sauveur. Les bouncers semblent heureux des t-shirt Rollingbone que j’ai emmenés en cadeaux. C’est une première pour moi, une entrevue amicale avec les actuels coachs des Houblonniers et des Rangers. La Brasserie Griendel est quand même plus intimidante que beaucoup d’autres lieux de beuverie. Elle est sombre et habitée par des personnages inquiétants. Ma rencontre est légèrement retardée parce que le Gros Brasseur est au beau milieu d’une journée d’enfer – se dandinant sur ses courtes jambes de client en client. Au bar, mon photographe se prépare pour immortaliser la couverture du magazine sur un magnifique fond: des étagères aux bouteilles de bière soigneusement alignées.

Du coin de l’oeil j’aperçoit Jim Chlorophile, le coach des Rangers, qui fait son entrée d’un air enjoué. Il prend un air fier pour la photo et passe une commande à un serveur. Quelques minutes plus tard, le Gros Brasseur nous fait cadeau d’une visite rapide de la brasserie avant de s’arrêter, lui aussi, pour la photo. Nous nous dirigeons ensuite vers la meilleure table de la brasserie où nous attend sagement la salade de luzerne commandée par Jim. Le sympathique personnage la mastiquera vigoureusement tout au long de l’entrevue.


Souriceau: Il semble que votre équipe soit souvent reçue avec hostilité sur le terrain, pourquoi autant de virulence ?

Jim Chlorophyle (JC): Je ne sais pas, pourtant nous arrivons toujours sur le terrain content de pouvoir pratiquer notre hobby préferré. C’est probablement notre joie de vivre qui irrite nos adversaire!

Le Gros Brasseur (LGB): Eh bien, je crois que c’est parce que les nains représentent une équipe de bourrins. Il est vrai que nous avons un bon taux de sorties, mais en même temps nous n’avons tué personne comparativement à d’autres équipes. Ah oui, il y a bien ce Norse que nous avons tué durant une partie, mais en fait je crois qu’il s’est étouffé dans son vomit parce qu’il a trop bu d’alcool pour oublié la douleur de sa blessure, donc techniquement nous ne sommes pas responsables.

S: Quelle est votre attitude par rapport à ça ?

LGB: Je dis souvent à mes gars de ne pas s’en faire avec ça, parce que si nous embarquons sur le terrain et tentant de blesser tout ce qui bouge, eh bien ce n’est pas la bonne technique pour gagner des parties de Blood Bowl. Nous prenons les match un par un et nous tentons d’appliquer des stratégies spécifiques pour chaque équipe que nous rencontrons.

JC: Ce que les autres ressentent, ont s’en ballance pas mal, on profite de chaque opportunité de pratiquer ce merveilleux sport. Si en plus on peut ridiculiser quelques équipes des forces de la destruction au passage, c’est juste plus jouissif!

S: Avez-vous du plaisir à coacher ?

JC: Toujours, même lorsque les joueurs ce font défaire la face! Je sais que nous aurons un jour ou l’autre, l’occasion de les humillier sur le pitch!

LGB: Bien entendu que j’ai du plaisir à coacher! Ce qui me plait avec les Houblonniers c’est qu’il s’agit d’une jeune équipe et que le développement des joueurs se voit match après match. À l’âge où je suis rendu, les championnats, la gloire des trophés, je n’ai plus besoin de cela, je cherche plutôt développer des jeunes joueurs qui souhaitent avoir une belle carrière… malgré les risque du sport.

S: Qu’est-ce qui se passe exactement avec votre équipe ? Est-ce qu’ils vous voient comme un coach parachuté temporairement, comme quelqu’un avec qui débattre ? Quelle est leur « stratégie » à votre égard ?

LGB: Parachuté?!? Blood Bowl est un sport, ce n’est pas de la politique! Non je crois que mes joueurs savent que je suis ici pour rester. Je viens de déménager à Québec, ce n’est pas pour refaire mes boîtes et quitter après seulement une saison. Malgré les trois dernières parties où nous avons subit la défaite, les gars savent que sur deux d’entre elles, nous avons joué de malchance.

JC: Il règne un respect mutuel entre les joueurs et moi. Je n’impose rien aux joueurs et je suis toujours ouvert à leurs propositions. C’est très agréable comme ambiance!

S: Et la discipline dans tout ça ?

JC: Je coach des elfs des bois !!!!

LGB: Je demande à mes joueurs, peu importe leur âge, de m’appeler Monsieur et de me vouvoyer. Cela crée une distance qu’ils doivent respecter. Pour pallier à cette atmosphère d’autorité que certains peuvent vouloir contester, je permets aux familles de mes joueurs de venir voir les entraînement à partir des gradins. Bien souvent après les pratiques, les gars restent avec leur famille et nous allons manger un morceau tous ensemble. C’est bon pour l’esprit d’équipe.

S: Est-ce que vous les entendez se plaindre de vous ? C’est plutôt commun !

LGB: Non, je ne crois pas. Il y a peut-être notre vieux routier Ogwynn qui préfère la solitude de sa chope de bière, mais à part ça, s’il se dit des choses à mon sujet, c’est vraiment dans mon dos. Hahahahahaha!!

JC: Jamais, s’il le font, ce n’est pas dans la chambre! Personellement, je n’ai rien à reprocher à aucun de mes joeurs!

S: La presse en général ne tend pas à vous présenter sous un beau jour. Votre adversaire de demi-finale vous y présente même comme un total incompétent…

JC: C’est sur que nous ne brassons pas de bières, mais les techniques de cidrerie ce rapprochent quand même de la brasserie de la bière! Que les nains restent les meilleurs avec les céréales, nous on s’occupe des fruits!

LGB: Rendons à César ce qui revient à César. Sur le jeu d’agilité c’est vrai que les Rangers sont foutrement mieux équipés que nous. Par contre, je me souviens d’éloges lancés de la part de Jim Chlorophylle après notre nulle contre les Chasseurs. Quand vous dites que la presse ne nous présente pas sous notre meilleur jour… voilà une bel exemple!

S: Je semble déceler un vent d’optimisme et d’espoir chez vous à l’approche de cette demi-finale. Transpirez-vous réellement l’optimisme ?

LGB: Disons plutôt que nous sommes excités de participer à cette demi-finale. Étant donné que nous allons rencontrer les Rangers pour la première fois de la saison, alors oui nous pouvons être optimistes et focusser sur une victoire!

JC: Je n’irais pas jusqu’a dire optimiste, mais c’est sûr que l’expérience sera grandement enrichissante pour les deux formations!

RollingBone interview Émiliette, la coach des Elfettes

Par Souriceau Investigateur, magazine RollingBone, mars 2015

Émiliette ne peut plus prêcher la même attitude positive – l’espoir – qui prévalait en début de saison. Elle a maintenant une fiche d’équipe à défendre et, considérant son passé peu convainquant à la tête des Dégelées de l’Antarctique, le chemin parcouru depuis est extrêmement solide. Sa précaution frôlant parfois le manque d’assurance est son principal trait de survie en un temps ou un remous accordé de trop peut rapidement faire dérailler un match. L’auto-censure de ses impulsions est le prix qu’une virtuose doit payer pour espérer parcourir la distance la séparant du sommet.

Lorsqu’on porte notre attention sur le tout Kasse Gueule, les Elfettes sont une équipe à part. Simplement dit, elles sont présentement « le meilleur deal » pour le fan moyen et la dernière ligne de défense qui empêche présentement la ligue de sombrer dans les abysses de la violence.

Juste avant la fin de mon entrevue avec Émiliette, je lui raconte que j’ai demandé à ma fille de 4 ans si elle avait quelque chose qu’elle aurait aimé dire à la coach. Après une réflexion ardue, ma petite a répondu : « Dit lui qu’elle peut gagner. »

Émiliette sourit. « C’est le seul conseil dont j’ai besoin. Tu sais, les enfants ont de bons instincts. Ils regardent nos adversaires et se disent, « Ce sont des méchants, ils ne méritent pas de gagner ».

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RollingBone (RB): En surface, c’est un moment grisant pour votre équipe et vous préparez actuellement votre match de demi-finale de championnat. Mais en réalité, vous êtes certainement plus mitigé que jamais car en terme de coaching, vous et votre adversaire avez clairement deux approches très différentes. Quelles sont vos réflexions à ce sujet ?

Émiliette (E): Le coach des Dragonnes incites ses joueuses à la violence alors que je m’efforce de montrer de beaux jeux bien pensés aux Elfettes. Malheureusement, je me rend bien compte que le public semble apprécier davantage le sang que les passes… Notre commanditaire principal nous quitte d’ailleurs pour cette raison la saison prochaine nous obligeant à quitter la KSGL faute de financement.

RB: Avez-vous des faits pour appuyer ces pensées ?

E: Douze sorties contre une en faveur des Dragonnes lors de nos deux rencontres de la saison.

RB: Est-ce seulement vous qui pensez comme ça ou une majorité de votre équipe ?

E: Je pense bien que toutes les filles qui ont été commotionné par une Amazonienne pensent comme moi. Donc oui, la majorité de l’équipe.

RB: Est-ce que vous sentez votre participation à la finale de la coupe Blanche menacée ?

E: Non, ce que je sens le plus menacé, c’est la vie de mes joueuses.

RB: Qu’est-ce qui parviendrait à vous rassurer ?

E: La mise à la retraite prématurée ou la mort d’Amandine avant notre match.

RB: Est-ce qu’une partie de vos craintes proviendrait des attentes à votre égard ?

E: Non, elle provient plutôt de plusieurs joueuses dont le nom fini par « ine ».

RB: Pour finir, sur une échelle de 0 à 10, quelles sont vos chances d’atteindre la finale du championnat d’hiver ?

E: Un informateur anonyme nous à parlé d’un certain Sortilège pour déconcentrer le coach des Dragonnes. Si nous parvenons à mettre la main sur le Sortilège en question, je pense que nous sommes à 7 ou 8, sinon je dirais 5.

RollingBone interview le Prince Magus d’Hérétré et Charles Quinte-Flush

Par Souriceau Investigateur, magazine RollingBone, mars 2015

Le coach du CRUNCH!, Charles Quinte-Flush et moi sommes assis dans un char tiré par des mustangs couleur charbon tout juste à côté de la Cuvette des Démons, le stade des Chaudrons. Nous attendons le Prince Magus d’Hérétré, coach de l’équipe chaotique. Une limousine pourpre tirée par des chevaux noirs comme l’enfer apparaît au coin de la rue et fait prudemment le tour du stade avant de se stationner derrière nous. Le chauffeur – un des nombreux garde du corps du prince, apprendrons-nous plus tard – en descend et nous fait signe de changer de char. Nous nous asseyons sur le banc arrière du sinistre véhicule avant de reprendre la route.

Le Prince Magus d’Hérétré, heureusement, n’habite que quelques fortifications plus loin. Le domaine est délimité par des clôtures en fonte bien pointues et, plus surprenant encore, le même revêtement recouvre les fenêtres et la porte principale. Une fois à l’intérieur, c’est Chaudronsland avec des posters, des coupures de journaux et des articles à propos de la formidable formation chaotique.

Charles Quinte-Flush et moi attendons une bonne demi-heure dans le salon pendant que le prince « se prépare ». On nous sert des rafraîchissements et des sucreries, le tout dans des plats en fonte. Nos conversations se limitent à des murmures parce que de gros bouquetons bien armés semblent à l’affut de nos paroles. Je ne sais si je dois en rire. Je veux dire, il n’ont jamais fouillé pour trouver la dague cachée dans mon chapeau et la longue lame dissimulée dans le bâton de marche du coach du CRUNCH!.

Puis arrive la chose, le Prince Magus d’Hérétré, fin prêt pour l’interview et paré de multiples ornements de fonte.

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RollingBone (RB): En surface, c’est un moment grisant pour votre équipe et vous préparez actuellement votre match de demi-finale de championnat. Mais en réalité, vous êtes certainement plus mitigé que jamais car en terme de coaching, vous et votre adversaire avez clairement deux approches très différentes. Quelles sont vos réflexions à ce sujet ?

Prince Magus d’Hérétré (PMH): Perso, un match contre le CRUNCH!, c’est toujours la merde ! C’est la vélocité des Elfes alliée à la force du Chaos. Du coup, c’est hard à percer en attaque, et hard à ralentir à la défense. Mes Chaudrons ont acquis une meilleure force de frappe durant cette saison. La percée est souvent longue et douloureuse, mais lorsqu’elle ne dérape pas à la toute fin, c’est souvent un touchdown à la clef. Le problème, c’est qu’une fois sur deux, la peau de banane est pile poil à l’endroit qu’il ne faut pas, et mes gars dérapent à deux poils de cul de la ligne d’en-but. C’est rageant ! Pour ce qui est de la défense, c’est encore boiteux. Les derniers matchs contre les Ninjas et les Elfettes ont montré de nets progrès dans notre stratégie défensive. Cependant, elle est encore vacillante et s’adapte mal en fonction des différentes équipes… C’est notre principal point faible, je dirais.

Charles Quinte-Flush (CQF): Les Chaudrons misent fort sur leur puissant échec avant alors que nous, d’une manière générale, on cherche plutôt à étouffer les possibilités de jeu. Je crois que l’approche pour laquelle nous nous sommes entraînés est la meilleure pour contrer cette équipe au potentiel extrêmement dévastateur. En les laissant patiemment venir à notre contact, nous pouvons utiliser notre force supérieure pour les repousser afin de limiter nos pertes. Toutefois, gare aux moments d’inattention face aux crustacés des Chaudrons car ceux-ci ont ce qu’il faut pour nous le faire payer cher !

RB: Avez-vous des faits pour appuyer ces pensées ?

CQF: Nous avons réussi un différentiel de sorties de +7 contre les Chaudrons cette saison malgré notre force de frappe nettement inférieure. Notre style de jeu prudent fait des miracles !

PMH: (rire) Il suffit de regarder les stats ! L’équipe des Chaudrons est la plus poreuse de la KSGL ! Une vraie passoire ! En outre, il y a eu notre tout dernier match contre le CRUNCH!. J’ai négligé la rapidité de ces saloperies de Skinks. Résultat : après que mes gars aient dérapé à la dernière minute de la 1ère mi-temps, les vilains lézards ont gentiment enfoncé nos lignes (trop proches et trop étirées) et ont marqué sans trop de peine. Et ce, à deux reprises…

RB: Est-ce seulement vous qui pensez comme ça ou une majorité de votre équipe ?

PMH: L’équipe est peut-être une passoire, mais elle ne se voile pas la face. Elle sait bien où sont ses faiblesses. Toutefois, nous allons travailler dans ce sens la saison prochaine. Des petites modifications auront toutefois eu lieu d’ici à dimanche, mais personne ne se leurre pour autant…

CQF: Cortéz et cie pensent avec leur bedon. Ils sont déçus d’affronter les Chaudrons parce que l’équipe n’a pas grands choses de comestible à offrir hormis Kary Holt, leur minotaure et que le méchoui d’après-match risque d’être plutôt maigre. C’est dommage que les Annihilateurs se soient désistés parce qu’il y aurait eut de beaux os à ronger de leur côté !

RB: Est-ce que vous sentez votre participation à la finale de la coupe Blanche menacée ?

CQF: Les astres sont bien alignés, mais rien n’est sûr dans la Kasse Gueule. Il s’agit seulement que l’équipe fasse zig au lieu de faire zag et on pourrait rapidement se retrouver radicalement à court d’effectifs sur le terrain. Une fois quelques gros saurus à l’infirmerie, qui va protéger nos skinks ?

PMH: Bien sûr ! Mais, est-ce si surprenant ?! Déjà, nous n’aurions même pas dû le disputer, ce championnat. Alors, au final, est-ce vraiment si important si nous n’arrivons pas à l’emporter contre le CRUNCH! !?

RB: Qu’est-ce qui parviendrait à vous rassurer ?

PMH: Je ne suis pas inquiet outre mesure ! Du moins, pas en ce qui concerne notre participation à la finale… Les Chaudrons ont à coeur de participer à la saison d’été. Le CRUNCH! non ! Tant que les Chaudrons ne se font pas trop cabosser durant ce match, ça me va !

CQF: Si on pouvait envoyer tonton Greld à l’infirmerie très tôt dans le match, déjà on respirerait mieux. Une avance-éclair de 2 à 0 serait pas mal non plus… ça ou un écrasant avantage numérique. Honnêtement, pour vraiment bien rassurer il faudrait que tout ces éléments arrivent en même temps.

RB: Est-ce qu’une partie de vos craintes proviendrait des attentes à votre égard ?

CQF: Non, même si nous sommes des gentils, nous sommes probablement perçus comme l’équipe la plus vilaine de la Kasse Gueule. En conséquence, personne de prend pour nous… pas même nos mamans !

PMH: J’estime que les Chaudrons ont fait preuve de persévérance cette saison et d’un potentiel accru. L’outil à été mieux utilisé, cette saison. Ça ne fait aucun doute. Et si ce n’avait été une série malheureuse de matchs parsemés de peaux de banane, l’équipe brillerait sans doute beaucoup plus d’une forte confiance en elle. Cependant, elle n’aura pas eu l’occasion de réellement prouver ce qu’elle valait. Pour ce championnat, elle se retrouve un cran au dessus, dans le fameux carré d’as, sans avoir pu défaire les Annihilateurs pour cela. Les Chaudrons ne se seraient vraiment considérés “dignes” d’y participer que s’ils avaient battu leurs ennemis de toujours. Là, ils se seraient sentis à leur place et assez capables de répondre “nous avons une petite chance de l’emporter !”.

RB: Pour finir, sur une échelle de 0 à 10, quelles sont vos chances d’atteindre la finale du championnat d’hiver ?

PMH: En toute franchise, et fonction de ce que j’ai dis plus haut : 3 sur 10 ! Néanmoins, et même si notre place ici est quelque peu usurpée, nous allons donner tout ce que nous avons dans ce match, car cela reste un match, après tout. Et nous n’avons jamais dis “non” à un match, quel qu’il soit (sauf lorsque les Chaudrons avaient les bras mous) !

CQF: 6.5… Chercher à vaincre les Chaudrons, c’est comme tenter de grimper une montagne en gougounes; c’est faisable, mais au prix de combien d’ampoules !

Regard sur la finale : Interview de coachs

PAR SOURICEAU INVESTIGATEUR | 30 août 2014

Je me rappelle quand mes frères et moi sommes pour la première fois allés à un match entre les Hipsters et les Boukanniers. Le jeu était déjà fort différent de ce qu’offrait les autres équipes à ce moment. Ces deux formation apportaient quelque chose de nouveau au sport : une structure. Depuis, ils sont restés une force dans le blood bowl — leur impact a été majeur  et ils ont réussi les plus beaux touchés de nos vies. Pensez à la rencontre crève-coeur de demi-finale entre ces deux formidables équipes à l’hiver 2014 — ce match a rejoint une génération complète de fans.

C’est émouvant de les voir à nouveau se rencontrer en finale de la Coupe Noire. Nous avons deux adversaires très habiles et déterminés qui auront à partager l’espace réduit d’un terrain de blood bowl. Nous avons tous déjà assisté à suffisamment de désintégration d’équipes pour savoir à quel point c’est plus commun qu’on aimerait l’admettre. Et c’est peut-être parce que l’on sait qu’il n’est pas facile de survivre à ce sport qu’il est très inspirant et rassurant de voir que les Boukanniers et les Hipsters sont encore à leur meilleur pour nous présenter ce qui s’annonce être un match titanesque, ce dimanche soir.

***

Quelle est votre philosophie de coaching ?

Le Boss (LB): Fait ton boulot correctement et ne reviens pas trop amoché. Si le joueur est en mesure de piger tout ça alors on est en affaire.

Taureau Amiral (TA): Conserver la cohésion de l’équipe le plus longtemps possible. Mes joueurs ont à la fois le potentiel d’être spectaculaires et fragiles… ce qui peut facilement les mener à leur perte s’ils deviennent désorganisés.

Comment arrivez-vous à balancer votre logique de coach et l’instinct de vos joueurs ?

TA: Ça n’est pas facile et je ne peux dire que j’y arrive souvent. Les Hipsters veulent le ballon. Beaucoup. Ils sont irrésistiblement attirés vers celui-ci. Un fameux hobbit disait qu’il suffit de mettre un pieds devant l’autre pour que ceux-ci ne veulent plus s’arrêter. C’est très vrai.

LB: Je dirais que je suis beaucoup selon les forces des joueurs. Avec cette approche la ‘’logique’’ viens un peu d’elle-même. Une fois engagé dans une direction, je les pousse au cul pour obtenir toujours le meilleur.

Aimeriez-vous mieux avoir une offensive ou une défensive efficace et pourquoi ?

LB: C’est pas facile à répondre car tout dépendamment de l’adversaire, une approche sera meilleure que l’autre. Dans ma situation actuelle je penche plus vers une bonne défensive. Oui c’est plus ardue de faire des points, mais de la façon que l’équipe est optimisée, c’est plus aisé de ralentir le jeu et de miser sur un éventuel avantage numérique pour compter. C’est un peu l’approche du rouleau compresseur, lent mais efficace.

TA: Notre défense est déjà particulièrement efficace. Beaucoup pensent que notre capacité offensive est supérieure, mais règle générale nous réussissons plus rapidement nos touchés lorsque nous bottons le ballon à l’adversaire puisque celui-ci a déjà parcouru une bonne partie du chemin jusqu’à la ligne des buts. Je ne changerais absolument rien à notre jeu défensif.

Quel sera votre plus gros challenge face à votre adversaire de finale ?

TA: Se rendre jusqu’au ballon. Des estrades, ça ne paraît peut-être pas, mais sur le terrain, les Boukanniers sont vachement gros et forts… enfin, pour des elfes.

LB: Freiner l’offensive et tenter de ralentir le jeu.

Comment vous préparez-vous pour votre gros match à venir ?

LB: Me préparer…? non pas vraiment.

TA: L’équipe a déjà un peu la tête dans leur retraite prochaine. On discute beaucoup afin de conserver un minimum de « focus » sur le match à venir.

Y a-t-il quelque chose que vous aimeriez promettre à vos fans avant ce moment fatidique ?

TA: C’est le dernier match des Hipsters avant que ceux-ci ne retournent définitivement à leur forêt. On va tout donner quitte à laisser beaucoup de compost sur le terrain.

LB: Le plus de baston possible. On n’est pas les meilleurs côté sorties, mais avec Léon et Frank dans nos rangs on se débrouille pas mal du tout.

Je sais que vous planifiez toujours gagner par l’effort et l’habileté, mais m’est-il permis de vous souhaiter «bonne chance» ?

TA: Absolument ! Un rebond chanceux ou deux pourrait faire toute la différence !

LB: Oui certainement, et si par la même occasion vous connaissez un bon magicien pas trop onéreux donner lui ma carte, j’aurais peut-être un petit boulot pour lui.

Regard sur la demi-finale : Interview de coachs… la suite

PAR SOURICEAU INVESTIGATEUR | 22 août 2014

L’interview a pris place dans le luxueux loft du couple Loup Solitaire et Zara la Tueuse à Hollywood – un loft qu’a déjà habité, entre autre, les légendes du blood bowl Bruice Réglisse et Ahrnould Schwartzvinaigre. Mais la maison fait définitivement très Loup et Zara avec une forte odeur d’encens elfique embaumant l’endroit. Les murs sont couverts de photos de Loup et Zara, un gigantesque poster des Hipsters, un buste de Zara et plusieurs découpes d’articles du Hollywood Sun Times couvrant les Hipsters.

Je suis arrivé à six heures de l’après midi, ce 21 août, en saluant Bruice Réglisse qui a arrangé l’interview, de même que Taureau Amiral et Émiliette (respectivement coachs des Hipsters et des Elfettes). Assis sur le même fauteuil, il est très clair que ces deux-là ont l’air très bien ensemble.

Taureau me dit qu’il doit être de retour à l’entraînement dans trente minutes et s’arrête quelques temps pour dessiner un schéma de jeu avec la concentration intense que pourrait avoir un enfant à peinturer un soleil pour la première fois. Comme l’a déjà fait remarquer un philosophe: « Le jeu rachète l’homme. Elle le fait en le sauvant du sérieux de la vie et en lui restituant son enfance ».

Tous les doutes qu’un coach de blood bowl pourrait être désagréable, méchant, cruel ou brutal – sentiments souvent véhiculés par les coachs eux-même, par la presse ou pas diverses personnalités paranoïaques, ne se sont jamais avérés vrais. Comme l’affirme avec entrain Émiliette durant l’interview : « Il n’y a rien de plus amusant que de parler de notre approche de jeu. On n’y peut rien, vraiment. Nous-mêmes en parlons parfois ensemble.

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Comment vous êtes-vous préparé pour le match crucial de samedi ?

Émiliette (E): J’ai fait faire aux Elfettes un entraînement – à la Karaté kid – peinture du garage, coupage de légumes, lavage de toute sorte et binage de potager ont été au programme.

Taureau Amiral (TA): J’ai passé du temps à coacher une équipe de zombies dans les ligues mineures afin d’apprendre à faire beaucoup avec peu de moyens. Ça a aussi servi à me rappeler à quel point je suis chanceux d’être à la tête d’un groupe d’athlètes aussi talentueux. Les Hipsters, c’est vraiment de la dynamite !

Est-ce que vous avez pratiqué quelque chose de spécifique à l’entraînement ?

TA: Positionnement, positionnement, positionnement. Il est essentiel que tous soient bien au courant de ce qui est attendu d’eux et que pas une once d’espace ne soit laissé à l’adversaire.

E: Nous avons beaucoup pratiqué le démerdage de couches, j’espère que nous serons capable de l’appliquer pour se démerder face aux Hipsters que nous affrontons samedi… quoique cet entraînement aurait peut-être été plus efficace pour affronter les Fiontois.

Quels sont vos sentiments actuels face à votre adversaire ?

E: Nous les redoutons beaucoup mais je suis certaine que nous sauront mettre à profit cette crainte pour affiner notre jeu lors du match.

TA: Une crainte respectueuse. Les Elfettes nous ont causé beaucoup de décès par le passé et ont forcé la prolongation lors du match de la finale de la Classique d’Été.

Est-ce que vous anticipez un match serré ?

TA: Les Elfettes ont la capacité de riposter rapidement à chacun de nos touchés. J’ai l’impression que le match va se jouer sur le nombre de revirements accordés de même que sur la gestion du temps de jeu. J’anticipe un match serré qui va se décider par un seul point à la dernière minute de jeu.

E: Très serré… les Hipsters sont aussi rapides et agiles que nous et les deux équipes savent profiter des erreurs adverses, il faudra éviter de de se laisser déconcentrer si l’on ne veut pas donner d’avantages à l’autre équipe.

Sur lequel(s) de vos joueurs vous appuierez-vous le plus ?

E: Nous comptons beaucoup sur Charogne pour mettre de la pression à Loup pendant que les Triplettes Touchettes tenteront de franchir la ligne des buts. Les soeurs Hull seront aussi sollicitées pour empêcher nos rivaux de compter en retour.

TA: J’aimerais dire que le jeu de tous est important… et ça l’est toujours. Toutefois, Renard et Loup n’auront pas le choix de se tailler la part du lion, même si les Elfettes ont leur numéro. Je m’attends à ce qu’un héros inattendu prenne la relève de nos vedettes usuelles qui seront assurément bien menottées.

Quel sera votre plus grand défi durant le match ?

TA: Notre défensive est très étanche et c’est habituellement celle-ci qui remporte nos matchs… mais elle s’est jusqu’à maintenant révélée impuissante face à l’offensive des Elfettes. Notre plus grand défi sera de les stopper au moins une fois dans leur élan.

E: Ce sera de satisfaire nos supporters…dont le prince Laurent (responsable des loisirs) qui peut être très intransigeant voir même dérangeant si la tournure du match ne lui plaît pas. Et comme il aime un jeu violent à l’opposé de celui des Elfettes… nous redoutons le pire.

Qu’est-ce qui vous rend le plus enthousiaste à l’aube de ce match décisif ?

E: C’est d’avoir la chance de mettre fin au parcours sans taches des prétentieux Hipsters.

TA: Le privilège de coacher un groupe d’athlètes aussi exceptionnels… peut-être pour la dernière fois avant longtemps ! J’en savoure chaque instant.

Regard sur la demi-finale : Interview de coachs

PAR SOURICEAU INVESTIGATEUR | 21 août 2014

À sa plus simple expression, le blood bowl est un spectacle sportif et les règles les plus essentielles qui guident les coachs ne sont pas écrites: ne pas laisser paraître sa surprise lorsque l’adversaire réussit un jeu inattendu, toujours affirmer que la blessure d’un joueur vedette adverse est « crève-coeur » et le plus important… jamais, jamais interrompre un guerrier du chaos qui argumente.

C’était en fin d’après-midi dans la pièce arrière d’un studio de photographie, quelque part à mi-chemin entre le Fion et l’Amazonie. Les quatre blitzeuses-vedette des Dragonnes sont toutes pieds nus, prenant la pose assises sur un divan blanc en compagnie de leur coach le Grand Shaman Uwishin. Il sirote calmement une liqueur d’érable, regardant avec admiration cette extraordinaire collection d’athlètes qu’il a personnellement sélectionnée. « C’est un de mes combats, » qu’il me dit. « Ces filles sont maintenant en demi-finale de la Coupe Noire et je ne suis pas certain que le monde s’y attendait… »

À ces mots, Le Boss, le longitudinal coach des Boukanniers qui s’était diagonalement évaché sur une chaise en cuir pour mieux communier avec le plafond, se redresse comme un taureau offusqué, les yeux brillants d’une irritation impériale. « Hé, Uwishin », dit-il comme s’il parlait à un enfant de quatre ans et demi. « C’est mon plancher, ici ! ».

Et le Grand Shaman Uwishin de répondre « Le plancher des vaches, oui ! ».

Ces deux coachs à la tête de formidables organisations – parmi l’élite de la Kasse Gueule – ont des rapports étonnamment acceptables pour des personnalités qui n’ont pas réellement affaire dans la même pièce. Il faut dire que Léon L’Étripeur et Frank Les Boulons sont en retard pour leur séance-photo… Je profite de cet instant inespéré pour mener rondement l’entrevue.

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Comment vous êtes-vous préparé pour le match crucial de samedi ?

GRAND SHAMAN UWISHIN (GSU): Même préparation que depuis le début de la saison: un subtil dosage entre sauvagerie brutale, lancer de ballon, courses (droites et sinueuses) et réceptions. Rien n’a été négligé, y compris les longues sessions de shopping à la fin de chaque entraînement.

LE BOSS (LB): Au niveau préparatif puisque l’équipe s’attend à se battre contre une savonette on essaie de diversifier notre jeu afin d’y aller en finesse. Je tiens à mettre l’emphase sur le terme ‘’essayer’’ car c’est bien beau le concept, mais un foutu guerrier du chaos n’aura jamais la finesse d’une danseuse de balais.

Est-ce que vous avez pratiqué quelque chose de spécifique à l’entraînement ?

GSU: Le seul entraînement spécifique que nous avons développé a été effectué avec l’assistance d’un des meilleurs berger de notre pays. Il a donné aux filles quelques techniques de dressage afin de commander et contrôler quelques uns des bovidés du camp d’en face. Esperons que cela nous soit utile pour désorganiser leur jeu.

LB: Pratiquer…? Plus ou moins. en fait le seul point que je regarde est de changer un peu l’approche lors d’un coup d’envoi et que l’équipe est en position défensive. Les Boukanniers se retrouvent avec l’avantage d’être les seuls à avoir un gros tas de muscle à 5 de force.

Quels sont vos sentiments actuels face à votre adversaire ? 

LB: Des gonzesses à moitié nues enduites d’huile. En gros un beau petit morceau à reluquer mais quasi impossible à attraper.

GSU: Nous ne connaissons pas les Boukanniers puisque nous n’avons malheureusement pas pu les affronter en saison régulière. Mais avoir rencontré 2 fois les Chaudrons ainsi que les Ravagers donne une bonne idée de quoi sont capables ces brutes épaisses chaotiques à la bassesse et la lâcheté inversement proportionnelles à leur intelligence.

Est-ce que vous anticipez un match serré ?

LB: Ouep, tout dépendamment des aléas de la chance, on vise un score de 2-1 voir 1-0.

GSU: Difficile de prévoir l’avenir puisque je n’ai pas encore pris le temps de sacrifier les jeunes biquettes (kidnappées dans les rangs du club école des Ravagers) pour lire dans leurs entrailles… Mais les games de saison contre les chaotiques (Chaudrons & Ravagers) ont été bien difficiles; il y a donc fort à parier que ce match soit aussi très disputé.

Sur lequel(s) de vos joueurs vous appuierez-vous le plus ?

GSU: Personne en particulier: toute l’équipe devra jouer au top pour vaincre ce ramassis de brutes. J’attends de mes joueuses le match parfait, celles qui ne laisseront pas tout sur le terrain seront privées de sorties shopping et de cheesecake pendant 2 semaines. Avec une telle menace de sanction, il est certain qu’elles vont tout donner, quitte à y rester…

LB: Les 2 quarts arrière (ndlr. Frank et Léon) qui ont le skill tackle et aussi Mu-muse en second plan pour foutre la merde.

Quel sera votre plus grand défi durant le match ?

LB: Prendre son temps à l’offensive.

GSU: Résister à l’odeur infâme de boucs puant la sueur et de leurs bouses qui ne manqueront pas de parsemer la pelouse du terrain. Un défi peut-être insurmontable pour les nez fins et délicats des demoiselles que j’entraîne…

Qu’est-ce qui vous rend le plus enthousiaste à l’aube de ce match décisif ?

LB: C’est notre premier match contre les Dragonnes alors on sait pas trop sur quel pied danser. Chose certaine on va apprendre beaucoup et on devra s’adapter rapidement si on veux avoir une chance de passer en finale.

GSU: Tout simplement la présence de mes filles en playoff pour leur première saison dans la KSGL, une ligue difficile voire impitoyable ! Elles ont beaucoup travaillé et souffert pour en arriver là et je suis fier de leur travail et des performances accomplies.